Parc de Louvre-Lens (1)
La forêt du Louvre-Lens
Concours international, Lens (2005)

Maître d’ouvrage
Ministère de la Culture et de la Communication Conseil Régional de la région Nord/Picardie

Programme - Surface
Concours niveau APS pour la réalisation de l’annexe du musée du Louvre et l’aménagement de son site Mission paysagiste : Conception des jardins du Louvre et de la gestion du vivant sur le site. Superficie : 15 ha

Coût
Enveloppe des travaux : aménagements paysagers : 9 000 000 Euros HT espaces bâtis : 55 000 000 Euros HT

Équipe associée
Lacaton & Vassal : architectes mandataires
F. Druot : architecte-scénographe
l'AUC : urbanistes

Le site du projet est un ancien carreau de mine à 2 km du centre-ville de Lens. Une forêt de reconquête de bouleaux, cerisiers, églantiers... s’est développée sur la moitié du site depuis 40 ans après la fermeture de la mine. L’autre moitié est une prairie. Le programme nous incitait d’une part à conserver la forêt et d’autre part à préserver la mémoire des mineurs. Pour concevoir ce jardin, nous nous sommes attachés à rechercher un sens positif dans la mémoire de l’expérience des mineurs.

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Notre méthode de travail a été simple. En préalable, nous sommes allés passer 5 jours à Lens pour se rendre un peu moins étrangers au lieu. De fil en aiguille, nous avons rencontré un ancien mineur dont on nous avait dit qu’il cultivait des « pommes des terrils ». Il nous a fait visiter son jardin verger et ensuite nous nous sommes promenés sur les terrils de la région de Lens. La plupart des terrils sont aujourd’hui en partie recouverts d’une végétation colonisatrice et sont considérés comme des milieux naturels de grande qualité. Ils sont, pour la flore et la faune, comme des oasis dans une région où l’agriculture intensive limite beaucoup la présence du vivant.

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Le mineur connaissait les friches des terrils par cœur et il nous a montré les nombreux pommiers et arbres fruitiers sur lesquels il avait fait des prélèvements pour faire son verger chez lui. Les friches étaient « son jardin ». Chaque variété de pommiers de son verger provenait de ces friches. Il nous raconta l’histoire de la présence de ces pommiers sur les terrils.

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« La veille de sa journée de travail, le mineur allait cueillir des pommes dans son jardin pour son repas du lendemain [...] Il arrivait qu’il n’ait pas le temps de manger ses fruits [...] A la fin de la journée, il vidait son casse-croûte qui contenait les pommes dans les berlines pleines de rochers [...]. Les berlines étaient remontées et le tout était ensuite renversé en haut des terrils et dévalait dans des glissières pour s’écraser sur les rochers en bas des terrils. En bas des schistes, il y avait un peu de substrat. Les graines ont germé. » Aujourd’hui, la forêt pionnière développée sur les assises des terrils est parsemée de pommiers issus des jardinets des maisons environnantes.

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Grâce à l’expérience jardinière du mineur, je me suis rendu compte que la présence de ces pommiers ajoutait un intérêt historique populaire à l’intérêt écologique de la forêt pionnière. J’ai proposé d’utiliser l’histoire de ces déplacements de pomme comme un outil de fabrication des jardins du Louvre, afin de recréer un sens à la présence d’un végétal sur le territoire de la ville de Lens à partir des pommiers anciens.

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Devant la lourdeur du programme de musée dans un tel site au passé chargé par l’activité minière, une autre partie du projet consistait à rendre accueillant le site pour les papillons locaux et à préparer des milieux artificiels dans de petites serres-bijoux disséminées dans la forêt pionnière pour accueillir des papillons exotiques que l’on aurait pu rencontrer dans des jardins célèbres du monde entier.