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Construction de 62
logements collectifs locatifs
Zac du Séqué - Bayonne
Concours 2010 - Projet lauréat
Mission complète - Études en cours

Maître d’ouvrage
Habitat Sud Atlantic (Office Public de l’Habitat de Bayonne)

Programme - Surface
62 logements locatifs (PLS et PLUS)
surface shon : 5 013 m2
surface habitables : 3 838 m2
balcons :  1 567 m2
jardins de façade, des jardins de toiture et des espaces publics,
des aménagements paysagers : 1,5 ha.

label EFFINERGIE BBC 2005

Coût
NC

Équipe
Patrice Gardera architecte mandataire, David Pradel architecte associé, Cyrille Marlin paysagiste
Ingénieurs
Michel Forgue économie de projet, Batiserf (Philippe Clément) structure,
Louis Choulet fluides

Les qualités recherchées par le projet s’appuient sur la nature propres du site : un univers de campagne périurbaine entourée de forêts sur un relief de vallons. Notre propos est de ne pas importer un univers, des ambiances, des modes d’aménagement et de gestion relevant d’un univers urbain et d’un paysage de ZAC habituel.
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Une observation attentive montre que le site présente déjà naturellement ou historiquement un fort potentiel de présence végétale. Nous l’avons analysé, de manière à faire émerger certains éléments facilement exploitables dans l’aménagement des espaces extérieurs. Ces qualités existantes sont des aubaines en termes d’aménagement paysager car elles offrent gratuitement une quantité qui donne d’emblée un ton singulier à l’atmosphère du lieu. Au lieu d’en faire table rase, il s’agit de mieux les connaître et de sélectionner celle qui constituera une base tangible au projet d’aménagement.

A terme, l’image des logements et des espaces publics les reliant devra livrer un sens inhabituellement doux de vie à la campagne, bien que la proximité de la ville en offre tous les services et les avantages.
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Habiter à la campagne c’est d’abord avoir «de la place». Les surfaces habitables sont strictement définies dans le programme et sont ici respectées. Une proposition de ce projet consiste à procurer l’aisance recherchée en entremêlant des espaces de vie extérieurs privatifs généreusement dimensionnés et les parties proprement habitables.

Les logements disposent généralement de 2 grands balcons. La porte d’entrée du logement donne accès à un premier balcon équipé d’une «remise» à la manière d’un «côté cour».
Les logements s’ouvrent tous sur au moins deux orientations opposées qui permettent de profiter d’un maximum de lumière tout au long de la journée et des saisons.
La qualité de la conception des logements est recherchée par un plan très simplifié.
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Glycines, vignes, bignonias, kiwis, fallopias assurent un ombrage en été et permettent une intimité des logements rendu nécessaire par la densité des constructions sur le terrain. Ils créent aussi une relation avec le paysage de campagne tout autour.
La volumétrie simple et compacte assure à la fois une efficacité technique et économie de la construction. Le système de construction et de répartition de logement est très rationnel de manière à pouvoir intégrer dans le budget de l’opération des surfaces extérieures privatives largement dimensionnées.
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Après une analyse précise du contexte prenant en compte plusieurs paramètres : ensoleillement, vents dominants, arbres existants, arbres projetés, vues dégagées, densité des bâtis impliquant des effets de masque et des vis à vis… nous sommes arrivés à développer une typologie de lanière multi-orientée.
Le stationnement implanté en extérieur et en décaissé prend place sous les bâtiments.
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L’objectif du projet végétal est de générer une atmosphère et un cadre de vie très agréable pour les habitants. Il s’appuie sur les qualités propres du site : un univers de campagne périurbaine entourée de forêts qui recouvrent des zones de vallons. Il ne doit pas importer un univers, des ambiances et des modes d’aménagement et de gestion relevant d’un univers urbain et d’un paysage de ZAC habituel. A terme, l’image des logements et des espaces publics les reliant devra livrer un sens inhabituellement doux de vie à la campagne plutôt qu’à la ville, bien que la proximité de la ville en offre tous les services et les avantages. C’est cette image qui détermine entièrement l’importance et la manière dont nous avons envisagé le projet de présence du végétal en étroite relation avec la conception de l’architecture des logements.

I. Aménagement des espaces extérieurs à partir de la végétation existante et des dynamiques naturelles visibles sur le site et ses alentours.

Une observation attentive montre que le site présente déjà naturellement ou historiquement un fort potentiel de présence végétale. Nous l’avons analysé, au préalable, de manière à faire émerger certains éléments de l’existant très facilement exploitables dans l’aménagement des espaces extérieurs reliant les quatre bâtiments. Ces qualités existantes sont des aubaines en terme d’aménagement paysager car elles offrent gratuitement une quantité de végétation déjà adulte qui donne d’emblée un ton singulier à l’atmosphère du lieu. Au lieu d’en faire table rase, il s’agit de mieux les connaître et de sélectionner celle qui constituera une base tangible au projet d’aménagement.
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1. Les alignements de grands peupliers :
Leur pérennité n’est pas longue mais il leur reste, pour la plupart, une quarantaine d’années de vie. C’est une donnée loin d’être négligeable à l’échelle d’une vie humaine. La situation d’un site avec de tels arbres déjà vieux est suffisamment inhabituelle pour être exploitée au mieux. Nous avons essayé, de par l’implantation et la nature de notre architecture, de rendre potentiellement possible la conservation d’une partie d’entre eux. Leur forme structurelle (grande hauteur du tronc, houppier en altitude et peu épais, modulable par une taille d’élagage bien menée…) et la luminosité que permet leur type de feuillage en fait un atout pour générer une atmosphère inédite dans un site de logements.

2. Les haies existantes :
Une des grandes caractéristiques du site est la présence importante de haies. La fonction d’ancien camping et la division des emplacements par des haies de conifères de mauvaise qualité a tendance à cacher les réelles qualités de certaines de ces haies. Nous avons donc cherché à les différencier pour ne pas a priori faire table rase de cette richesse végétale du lieu. D’autant que les haies sont un élément très important des paysages de campagne.
Nous avons identifié au moins trois types de haies intéressantes sur notre parcelle. Elles traduisent très clairement un paysage de campagne des environs de Bayonne.
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La première haie est une haie agricole anciennement entretenue par l’agriculteur du lieu et le gestionnaire du camping et dans laquelle la dynamique naturelle a repris ses droits. C’est la longue haie de trois mètres de hauteur orientée Nord-Sud qui sépare l’ancien camping du champ cultivé. Les plantes qui la constituent sont très intéressantes en terme de biodiversité et d’intersection entre le naturel et la vie des habitants futurs. Elle est en majorité constituée de plantes fruitières naturelles : ronciers (mures), prunelliers, aubépines, rosiers toujours verts, cerisiers tardifs… C’est en réalité, de manière maîtrisée par les hommes, un échantillon d’une formation végétale naturelle très connue et très utile en terme de corridor écologique, de réservoir mellifère et de récolte de fruits sauvages : une fruticée. Cette formation végétale est un stade pionnier de reconquête des territoires agricoles par le végétal, permettant par la suite à la forêt que s’y installer. Elle est donc très utile.
Nous proposons donc de la conserver en positionnant notre architecture en fonction et de générer des ouvertures à travers lesquelles les habitants pourront circuler.
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La deuxième haie est typique du paysage agricole qui constitue l’environnement des habitants autour de Bayonne. Elle est constituée d’une végétation naturelle qui s’est développée spontanément sur un talus fabriqué par l’homme, positionnant la route en contrebas des champs. Cette haie est plantée de chênes, de noisetiers et d’un ensemble de petits arbustes et plantes spontanées locales comme du fragon petit houx, des asphodèles aux hampes florales blanches, des fougères, du tamier commun grimpant, du lierre grimpant sur les arbres, des fraisiers sauvages, des violettes de sous-bois, de la consoude officinale… L’intérêt de cette haie est qu’elle est un fragment linéaire de la formation végétale de forêt que l’on trouve aux abords du site, en partie haute des vallons qui plongent vers le réseau hydrologique naturel qui relie la campagne du Nord de Bayonne à l’Adour : un boisement typique dominée par le chêne et le châtaignier que l’on retrouve un peu partout dans le pays-basque. Les plantes qui forment le sous-bois de la haie sont aussi celles qui forment le sous-bois de cette forêt.
Nous conservons non seulement cette haie, mais nous proposons de plus qu’elle serve de modèle à la fois sur le plan des espèces végétales qui la constituent et à la fois sur le plan de l’atmosphère de campagne locale qui s’en dégage pour déterminer le type de végétation qui servira de base à l’aménagement des espaces publics de la parcelle de logements entre les bâtiments. Cette formation végétale locale, spontanée et naturelle, va servir de base pour générer une ambiance de douce campagne autour des bâtiments afin de fabriquer un cadre de vie agréable et inhabituel pour les habitants.



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Un ensemble de plantations de ces espèces locales sera planté (jeunes chênes, jeunes châtaigniers, arbustes divers).  Un suivi des dynamiques naturelles favorisées par un mode de gestion doux et écologique permettra à une couche de végétation spontanée (arbustes de sous-bois, plantes de sous-bois spectaculaires comme les asphodèles, lierres rampants…) de se développer en parallèle de la végétation plantée. Un mode de gestion approprié sera alors mis en œuvre, en fonction de ce qui se développe, de manière à aménager le rapport entre cette végétation et les usages traditionnels d’espace public de ces lieux. Un type d’espace public inédit, issu de la végétation naturelle locale et des qualités propres de l’existant, une sorte de bois peu dense et lumineux traversé par des sentiers et des cheminements en dur menant aux logements, en résultera.

Le troisième type de haie traverse le site d’Est en Ouest sous les peupliers. Nous avons identifié trois haies similaires de plus ou moins grande qualité. Ces haies sont constituées essentiellement de troènes vulgaires, plante que l’on retrouve dans le cortège végétal des sous-bois avoisinants. Cette structure de base abrite et favorise le développement de certaines plantes plus intéressantes qui, à terme remplaceront en partie les troènes et génèreront une haie de nature très différente dont l’apparence et la constitution s’approchera des haies numéro 2 et 3. On peut y voir déjà une régénération naturelle de chênes, du fragon, du chèvrefeuille, du sureau, du prunellier et de l’aubépine… Les troènes et plantes qui constituent la haie seront mises en pépinière pendant le chantier et replantés ensuite pour fournir l’ambiance forestière des espaces publics.
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II. Présence végétale en façade des bâtiments de logement, sur les balcons-terrasses.  

L’idée d’un verger.

L’objectif de la présence de la végétation en façade n’est pas en premier lieu décoratif ou visuel mais il consiste surtout à générer pour les habitants une forme de proximité avec des éléments naturels qui traduisent un univers de campagne. En somme, la question que nous nous sommes posée est la suivante : comment le végétal sur la façade peut-il favoriser un sens et des usages de « vie à la campagne » ? Comment accentuer par la présence et la localisation du végétal la sensation pour les habitants de vivre réellement à la campagne ?

La réponse que nous donnons, et qui induit fortement l’apparence de l’architecture, est une façade-verger. En somme, un verger fragmenté par les contraintes et la forme de l’architecture.
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