Blancfort (1)
Étude de définition
Château Cambon Blanquefort
Etude 2010

Maître d’ouvrage
Privé

Programme - Surface
Analyse fine du site et étude de définition
Existant  surface parcelle : 15 400 m2
emprise bâtie existante : 1 200 m2
Projet  construction d’environ 43 logements
(dont 25 en résidence sénior)
surface logements (shon) : 2 386 m2
balcons : 476 m2
coursives : 440 m2
Transformation des bâtiments annexe
Transformation du château (shon): 549 m2
Implantation de divers programmes collectifs ou publics - aménagement du parc

Équipe
David Pradel architecte, Serge Lenoir architecte, Cyrille Marlin paysagiste

Le château Cambon est un domaine datant du milieu du XVIII ème siècle situé au centre d’un hameau périphérique de Blanquefort. Le client privé a acheté ce qu’il reste du domaine, une enceinte de 15400 m2 comprenant le parc, le château et ses annexes. L’ensemble, abandonné depuis 30 ans, se trouve en déshérence.

 

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En premier lieu, nous avons procédé à une reconnaissance méthodique des conditions du bâti, de la topographie, du vivant, et des pratiques existant sur le lieu ou en relation avec lui. Nous en avons dressé des cartographies et formulé des descriptions exhaustives. Ces approches croisées avec des recherches sur l’histoire de ce territoire permettent de comprendre les mécanismes en cours. Nous avons également rencontré les habitants du quartier et divers acteurs locaux. Ces études nous ont permis d’appréhender la très grande richesse du lieu et de distinguer des zones spécifiques avec des qualités propres.

Le parc classique composé d’espèces horticoles ou exotiques caractéristiques, comme des cèdres du Liban, est colonisé par des strates de végétation spontanée à des phases de développement différent tendant vers une chênaie pédonculée charmée. L‘évolution du lieu aboutit à des situations un peu extraordinaires comme l’apparition de magnifiques roses héritées de la splendeur du parc au milieu d’une roncière. Une faune abondante habite le lieu, notamment une implantation d’araignées Argiope Frelon assez spécifique localisée sur la prairie Nord, ou une population de crapauds communs qui a développé des pratiques migratoires saisonnières entre l’étang du temple de l’amour, une ancienne fabrique du parc aujourd’hui sur une autre parcelle et le sud du parc lui même.

Pour concevoir un projet ayant la finesse nécessaire, il ne devait pas y avoir de hiérarchie entre plan d’urbanisme, architecture, usages attendus et paysage. Il est apparu qu’une démarche adaptée au potentiel du lieu devait s’envisager de façon unitaire.

Nous avons analysé précisément les possibilités données par le PLU. Un classement en espace boisé classé protège une partie de la parcelle.
Un programme de logement est apparu particulièrement adapté à l’endroit. Pour assurer une mixité d’usages, nous avons proposé d’implanter une résidence sénior en plus des logements.

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Notre proposition est d’appuyer la qualité du projet sur la préservation des milieux existants. Cela nous a conduit à proposer un principe de bâtiment principalement sur pilotis. Les logements n’ont pas de jardins privatifs, incompatibles avec la préservation du milieu, et impossibles dans la zone de l’espace boisé classé. Les logements disposent tous de grands balcons ouverts sur le parc dont l’agrément et l’usage sont partagés.

Le stationnement en nombre réglementaire prend place sous les bâtiments de façon localisée proche des accès. Le parc devait être accessible au public. Nous avons donc séparé les circulations privées et publiques par le biais d’une coursive en hauteur reliant les bâtiments entre eux.

L’architecture part de la qualité des logements eux mêmes. Ils ont tous au moins une double orientation : totalement ouvert coté balcon au moyen de baies vitrées et partiellement ouvert coté coursive. Les bâtiments prennent donc la forme d’une fine lanière qui préserve au maximum les arbres existants. De façon à dégager les vues depuis les balcons, «la lanière» entrecoupée est principalement implanté sur la périphérie de la parcelle ou en lisière de l’espace boisé classé. Nous avons proposé des principes de construction légère et non invasive par exemple en structure acier sur fondation ponctuelle. Pour conserver les attributs du parc d’aujourd’hui et assurer l’économie du projet, les végétaux sont entretenus avec discernement, suivant des méthodologies forestières plus que horticoles.

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Une collection de « fabriques » en constructions légères est disséminée dans le parc. Ce sont des chambres destinées aux familles des habitants en visite, des salles communes, des cabanes et autres aménagements d’agrément.

Nous avons choisi de conserver et de diviser en logements individuels les annexes existantes, principalement de grands chais facilement exploitables.

Nous proposons également de conserver le château dans un état proche de son état actuel qui ne manque pas de charme, et ce, afin d’éviter soit une rénovation lourde et très onéreuse, soit une démolition pure et simple.
Pour ce faire, nous achevons de faire tomber les parties de toitures et de plancher endommagés. Nous utilisons pour la charpente, la toiture et les menuiseries manquantes, des ossatures métalliques recouvertes de plaques de polycarbonate transparent reprenant la silhouette caractéristique de la bâtisse. Le château devient alors une zone de climat contrôlée à la manière d’une serre, destinée à des usages communs ou publics.

En croisant les exigence de l’investisseur, de la mairie et nos analyses, nous nous sommes arrêté sur une solution d’équilibre qui assure la rentabilité de l’opération tout en atteignant la qualité recherchée du lieu.

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