Atlas d’Auvergne (1)
Atlas régional des paysages,
Auvergne
2011 - 2012

Commanditaire
DREAL Auvergne

Programme - Surface
Etude de paysage, mandataire de l’équipe.
Région Auvergne 300 km x 150 km

Coût
130 000 euros HT T. ferme + 60 000 HT T . Conditionnelle

Équipe associée
Miramand, Baret, Pernet, Duprat, Chambellan : paysagistes
Boitier : naturaliste-photographe
Batisse ethnobotaniste

Un atlas pratique des paysages d’Auvergne.
Trois idées principales sont à l’origine de la méthode de travail proposée :
1. La première est qu’un atlas des paysages en 2010 ne doit pas être une monographie de plus, lourde et inutilisable, mais un outil transitionnel pratique permettant de mettre en relation les personnes qui travaillent, réfléchissent, pensent sur et à partir des questions de paysage en Auvergne.
2. La seconde est qu’il est nécessaire de revenir à une manière simple de parler de paysage afin de rendre accessibles à tous les questions de paysage sous leur angle le plus concret possible, directement lié à l’expérience quotidienne des habitants.
3. La troisième consiste à assumer d’emblée le caractère non exhaustif d’un atlas des paysages à l’échelle régionale en imaginant un outil de travail évolutif et amendable par quiconque travaille sur les paysages et en intégrant dés sa conception les capacités d’évolutions et de changement des paysages qui induisent une forme évolutive du document.

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1. La méthode des ateliers mobiles de paysages.
Les questions de paysage ne peuvent être appréhendées que par une expérience poussée et orientée de terrain. Pour que l’atlas soit utilisé, il faut partir du principe qu’il n’est pas un document qui doit se substituer à un rapport physique avec le terrain, avec les territoires qu’il décrit. Ce n’est pas un document qui doit éviter à son utilisateur d’aller sur le terrain mais, au contraire, qui doit amener cet utilisateur vers l’observation des territoires en question. Il doit devenir un support de compréhension et de discussion entre les acteurs sur place. Il doit servir sur le terrain d’objet de transition entre les connaissances de certains acteurs. La méthode de travail qui est mise en place est une illustration directe de ce principe.

La méthode des ateliers mobiles des paysages a été imaginée comme une manière ouverte de rassembler des connaissances partagées sur les paysages. C’est une méthode de travail collectif directement sur le terrain.

Quarante «voyages» dans les territoires de l’Auvergne.
Le principe est simple : quarante voyages d’un jour ont été effectués par l’équipe à travers le territoire auvergnat sur une période d’un an, en bifurquant ou s’attardant sur certains ensembles, certaines unités, certains motifs, certaines structures paysagères, en s’attardant sur certaines zones comme les montagnes ou les paysages urbains... Ceci à bord d’un véhicule qui permet l’embarque- ment d’invités. Les quarante journées de voyage ont été programmées au rythme de quatre ou cinq par mois de Mai 2011 à Janvier 2012.
Les invités sont des personnes qui travaillent sur les paysages auvergnats dans divers domaines de l’aménagement et de la gestion des territoires, à différentes échelles territoriales. Cela va des membres des administrations de l’Etat jusqu’aux habitants, en passant par l’échelon des collectivités locales et des divers acteurs territoriaux...

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2. À quoi peut servir concrètement un tel atlas ?
L’atlas, au-delà des descriptions d’ensembles de paysages homo- gènes, propose un inventaire des manières d’aménager le territoire en Auvergne, une sorte de catalogue de formes d’interrelations entre les habitants de l’Auvergne et leur milieu. Il n’existe pas de tel document faisant une synthèse des formes d’aménage- ment actuelles des territoires.

Faire des différences entre des formes d’aménagement et de gestion du territoire.
L’intérêt premier de ce genre d’inventaire est qu’il pourra servir très concrètement à identifier et mettre en évidence des différences entre ces formes d’aménagement. Il permettra par exemple de différencier les formes d’aménagement qui s’appuyent sur une relation d’équilibre plus ou moins grande avec le milieu. Il permettra aussi de différencier les formes d’aménagement qui jouent plutôt en faveur de la biodiversité de celles qui au contraire tendent à la réduire. Il permettra encore d’identifier les formes d’aménagement qui relèvent d’une économie de moyens et qui pourtant font preuve d’une grande efficacité. Et inversement celles très coûteuses qui ne répondent pas entièrement aux attentes et aux nécessités des habitants. Il permettra de différencier les formes d’aménagement qui préparent l’avenir du territoire en même temps qu’elles répondent à des questions actuelles. En somme, leur capa- cité à construire de façon tangible un avenir favorable aux populations qui y vivent. Il permettra de mettre en évidence les relations de déséquilibre social induites par certaines formes d’aménage- ment ou certains groupes d’aménageurs par rapport à d’autres. Il permettra enfin d’établir des différences entre des formes d’aménagement plutôt majoritaires et des formes d’aménagement plutôt minoritaires qui parfois peuvent faire office d’exemplarité et être très facilement reconduites dans certaines situations.

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Faire des rapprochements entre des situations d’aménagement et de gestion similaires.
Un tel inventaire sera utile inversement à faire des rapprochements et des relations entre diverses expériences d’aménagement qui, bien que réalisées dans une situation précise, pourraient aider à résoudre des problématiques similaires dans d’autres situations, dans d’autres endroits du territoire auvergnat. En somme, cette connaissance de formes variées d’aménagement pourra être utilisée dans l’objectif éminemment concret et pratique de mutualiser les expériences d’aménagement menées en Auvergne jusqu’à présent.

3. La forme utile de l’atlas, c’est avant tout «réseau-paysage» auvergnat à l’échelle régionale.
Le processus de fabrication de l’Atlas est un moyen de formaliser un «réseau-paysage» de manière à ce que ce réseau puisse devenir un réel outil pratique pour les personnes qui travaillent dans les domaines de l’aménagement et de la gestion des territoires. Ce réseau-paysage va rassembler ceux qui auront pris part à l’élaboration de l’atlas en 2011. Il n’est donc pas un «document» de l’atlas à proprement parler mais un outil très pratique pour les administrations, notamment pour travailler sur les diverses questions que posent le territoire aujourd’hui et à l’avenir.


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Un document stratégique de l’atlas est donc une «carte- trombinoscope» du réseau-paysage à l’échelle de la région, qui rendra compte, à un moment donné (2011), de l’état de ce réseau et donc du potentiel effectif de partage des connaissances sur les paysages en Auvergne. Cette carte, comme un document reconductible, devra être mise à jour régulièrement. Quiconque, confronté à un problème concret dans certaines contrées d’Auvergne, aura la possibilité, par le biais de ce document, d’entrer en contact avec une ou des personnes plus à même de connaître les enjeux, les dynamiques de ces territoires, leurs réalités concrètes et quotidiennes. Ces contacts pourront devenir des guides sur le terrain et permettre une compréhension fine du territoire.
Le réseau-paysage a donc pour vocation d’établir un lien de qualité entre des problématiques discutées nécessairement dans des bureaux d’administrations et les réalités concrètes du territoire au quotidien. La nécessité de sa mise en place indique clairement l’importance d’une organisation relativement structurée à l’échelle du territoire pour faire passer, véhiculer et introduire les attitudes, les questions et problématiques de paysage dans les situations les plus diverses d’aménagement ou de gestion des territoires aujourd’hui.

C’est à la constitution efficace de ce réseau-paysage que notre méthode des ateliers mobiles répond en premier lieu.