Jardin Tsubaki (1)
Jardin individuel, quartier de Yanaka, Tokyo
2001-2003

Surface
1,84 m2

Destinataires
madame Tsubaki et habitants de Yanaka

Equipe
Cyrille Marlin, madame Tsubaki, Maïko et habitants de Yanaka

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Etude sur les jardins et l’espace public
Mes préoccupations, à mon départ pour Tokyo, étaient de chercher dans une autre culture de l’espace public que la mienne des outils susceptibles de me faire aborder différemment l’expérience que quiconque peut faire de l’espace public en France. En somme, chercher des moyens de parler de l’espace public en tentant d’échapper à un ensemble d’habitudes de voir. Je voulais, pour cela m’aider de la question des jardins et des quelques expériences que j’avais pu mener jusque là.

Jardin Tsubaki (2)
Faire soi-même un jardin.
En me promenant dans Tokyo, j’ai traversé un quartier dans lequel il existait une pratique particulière de jardin : la plupart des habitants y faisaient leur jardin dans la rue, dans l’espace public. A tel point que l’apparence du quartier semblait résulter d’un aménagement paysager particulier sans pour autant qu’une quelconque décision d’aménagement n’ait été prise en ce sens. Le sujet de ma recherche à l’université de Tokyo a donc été d’essayer d’apporter des éléments à la compréhension  de ce processus d’aménagement sur la base de jardins dans lequel aucun architecte, urbaniste ni paysagiste n’était intervenu. Cela a consisté à essayer de montrer de quelle sorte de jardin il était question en réalité. En somme, à essayer de montrer ce que faisaient les habitants de ce quartier quand ils faisaient leur jardin.
Ma méthode d’observation a été simple : faire moi-même un jardin dans la rue, devant chez moi.

Par chance, je suis donc devenu un habitant de Yanaka. Par chance encore, la voisine du dessous, madame Tsubaki, m’a nommé jardinier en chef du jardin devant la maison, dans la ruelle. Ainsi, durant 2 ans, j’ai pu comprendre un certain nombre de choses concernant le fonctionnement de notre jardin et plus largement des jardins de Yanaka. La surface de notre jardin était de 1,84 m2. Cela correspond à la moyenne de la surface des jardins dans le quartier.

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La construction d’une perception du temps
J’ai notamment mis en évidence, en écrivant le journal du jardin de madame Tsubaki et en présentant un mémoire à moitié écrit et à moitié photographique, qu’il s’agissait d’un concept de jardin particulier qui pouvait devenir utile en terme d’aménagement des espaces publics. Mais pour aborder ce concept de jardin, j’ai montré qu’il fallait modifier un certain nombre de postulats sur les jardins portant sur : la nature des imites d’un jardin, sa continuité dans l’espace, la nature de son fonctionnement dans le temps, la nature du rapport entre jardinier et destinataires…
J’en suis arrivé à la conclusion que le fonctionnement de ces jardins avaient un but commun: la construction d’une perception inhabituelle du temps dans l’environnement quotidien. En effet, les jardins se transformaient à une vitesse anormale qui, en plus de suivre le rythme habituel des saisons, en suivaient d’autres qui induisaient une esthétique et un fonctionnement particuliers.

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